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10/08/2005
Préambule :
Ce texte a été écrit par votre serviteur (oui, moi !) en 89, lorsque excédé par des échanges aussi teigneux que stupides à propos des fautes d'orthographes des uns et des autres sur le forum Mac de Calvacom, j'avais voulu (sans grand succès) calmer un peu la haine injustifiée qui y flottait.
Quelques lecteurs avaient bien apprécié, proposant même d'élire ma contribution au titre de la meilleure de l'année (titre alors complètement inexistant).
C'est pourquoi je l'ai pieusement conservée et je me permet de la soumettre ici à votre lecture.
Voici une très ancienne recette pour être sûr d'avoir la meilleure orthe aux graffes qui soit.
Première étape : capturer l'orthe
Pour ce faire, commencer par se munir d'une tapette à mouche.
Ensuite, un soir de nouvelle lune, descendre dans une cave du douxième arrondissement (n'importe laquelle, à condition qu'il s'agisse bien du douxième et surtout pas d'un parking car les orthes de parking sont rarement assez mûres).
Dans le noir, attendre qu'une orthe femelle pointe son nez (Chacun sait qu'on reconnait l'orthe à ses doxes de couleur qu'elle porte juste derrière les oreilles : Les orthes aux doxes bleues sont des mâles et les orthes aux doxes roses sont des femelles).
Dès que l'orthe femelle a pointé son nez, donc, imiter le cri de la mouche en rut et se donner des coups de tapette sur la tête.
Lorsque, trop hilare, l'orthe n'est plus en état de courir, se précipiter dessus, l'attraper et la mettre dans un sac Bonnes Affaires des Nouvelles Galeries (à l'exclusion de tout autre, sous peine de voir l'orthe se désintégrer dans les trentes secondes)(note 1).
Deuxième étape : trouver des graffes
Ensuite, votre mission, si vous l'acceptez, consistera à vous munir de deux graffes (Note 2), l'une jaune, l'autre rouge (Eviter les graffes E.T. car elles pourraient vouloir téléphoner à la maison pour redevenir des graffes au logis).
Peu importe la provenance de ces graffes, mais les épiciers qui en tiennent se faisant de plus en plus rares, sachez que vous en trouverez probablement dans la petite épicerie de David-Vincent Lézavuh (à Nanterre).
Lorsqu'il en a, elles se trouvent entre les brouzes de Tasmanie et les lipotets auvergnates, à droite près de l'entrée.
Troisième étape : préparer le plat
Une fois de retour chez soi, dans une soucoupe (non volante, de préférence), piler délicatement un bout de merangue d'environ 16,32 cm de long additionné de trois pincées de poudre de rognon de varan de Komodo et laisser reposer.
Sortir l'orthe de son sac en la tenant par le cou, la rincer un peu sous l'eau tiède, lui saupoudrer le nez d'un peu de poivre et profiter d'un de ses éternuements pour lui attraper la langue et tirer dessus fortement pour retourner l'orthe comme une chaussette.
(De la nécessite de capturer l'orthe vivante car, morte, il devient très difficile de la faire éternuer).
Dans la poche ainsi obtenue, enfoncer d'abord la graffe rouge, ajouter une farce composée de deux tiers de viande d'escargot, d'un tiers de chair à saucisses et de deux tiers de tiramisu, tout en laissant la place pour ajouter et terminer avec la graffe jaune.
Coudre l'entrée de la poche pour la refermer.
Enduire l'orthe, qui en est toute retournée, de gelée de groseilles.
Passer au four (thermostat 8) pendant deux heures sans oublier d'arroser régulièrement l'orthe avec le jus du fond du plat et en ne tenant pas compte des cris qui, au début de la cuisson, semblent sortir du four.
A la fin de la cuisson, sortir l'orthe du four, saupoudrer avec la poudre de la soucoupe et déguster en fines tranches accompagnées de broccolis et arrosées soit d'un Pommard 59, soit d'un Kiravi 89.
(Note 1)
Il existe d'autres méthodes pour faire rire une orthe aux larmes, mais celle-ci a l'avantage d'être efficace à 100%, si on ne craint pas le ridicule (Mais à part d'autres chasseurs d'orthes, qui d'autre pourrait-on croiser dans une cave du douzième les soirs de nouvelle lune ?).
(Note 2)
On peut aussi préparer les orthes aux pédies, mais, de nos jours, les pédies (surtout les multispares) sont devenues très difficiles à trouver.
PS : J'imagine que les gens de l'A.S.P.R.O. (Association de Sauvegarde et de Protection Rapprochée des Orthes) vont entrer en effervescence à la lecture de cette excellente recette.
Qu'ils goûtent une seule fois à ce délice et je suis sûr qu'ils quitteront l'association illico !
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10/08/2005